ce blog est celui des éditions ASPECT de Nancy qui se proposent d'éditer des textes de langue française d'écriture contemporaine.


j’emprunte à l’oiseau
l’incertitude du prochain buisson
je ne sais quel temps il fera
de l’autre côté de la migration
mais le monde s’ouvre à moi
riche de carrefours
que l’envol me porte
me porte encore loin de la clameur
loin de la basse-cour
loin des coqs dressés pour le combat
ne pas changer de nom
d’embranchement
rester homme jusqu’au bout
tant que les arbres s’enracineront
à la terre
......Poète, romancier, chroniqueur littéraire, Alain Mabanckou, né en 1966 à Point-Noire (Congo), commence des études de Droit à l´université Marien Gouabi de Brazzaville et les poursuit en France à l’université de Paris-Dauphine. Titulaire d´un DEA en Droit des Affaires (Université de Paris-Dauphine 1993), il devient conseiller dans une filiale du groupe Suez-Lyonnaise des Eaux à Paris.
Parallèlement, il produit et anime des émissions culturelles à Média Tropical. Près un ouvrage de jeunesse, Au jour le jour (Maison rhodanienne de Poésie, 1993), c'est L'Usure des lendemains qui le révèle, ouvrage couronné par le Prix Jean-Christophe de la Société des Poètes Français et édité par l’Harmattan, maison d'édition où il a occupé le poste de directeur littéraire,
Il a enseigné la littérature à l’Université du Michigan pendant quatre ans et vient d’accepter un poste de professeur de littérature francophone à l’Université de Californie Los Angeles (UCLA).
Il est l’auteur de cinq romans, six recueils de poèmes et de plusieurs nouvelles,Il a reçu en 1995 le prix de la Société des Poètes Français ; en 1998 le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire.Personnalité des congrès et des salons du livre, il manifeste un intérêt particulier pour l'Amérique du Sud et le Maghreb,
Pour lui, la poésie se meurt, l'oublier consisterait à " non-assistance.. à poésie en danger ".
Choix bibliographique :
poésie
La légende de l'errance, éd. l'Harmattan, 1995
L'usure des lendemains, éd. Nouvelles du sud, 1995.
Les arbres aussi versent des larmes, éd. l'Harmattan, 1997.
Tandis que les arbres s'enracineront dans la terre, éd. Mémoire d'encrier, 2006.
Lire la poésie d' Alain Mabanckou
Alain Mabanckou est l’enfant chéri de la francophonie, après le succès de Verre cassé (éditions Le Seuil). Performance narrative remarquée, remarquable, les articles de la presse lui assurent le Prix des deux Amériques en 2005. Grâce à ce succès public, la ponctuation du français est remise en question. L’auteur est allergique au silence, amateur de l’ellipse, et du registre carnavalesque, il inverse à plaisir les niveaux de langue. D’abord poète, il est fortement marqué par les influences de Juan Jarroz et Adonis et accapare quantité de pages de la littérature mondiale. Le Syllabaire de Mamadou et Bineta puis le manuel Lagarde et Michard l’avaient traumatisé durant sa scolarité. Le poète ignore “l’usure des lendemains ”. Ses recueils publiés à l’Harmattan montrent sa volonté de dépasser le ton confidentiel. Les arbres versent des larmes relève d’une longue narration en strophes ou laisses : c’est une démarche absurde, une atmosphère de malaise comparable à l’aventure vécue par les personnages de Kafka, mais sur un mode épique. Le roman, où il excelle désormais, n’a rien d’un reniement de son genre de prédilection, il lui permet de renouer avec la veine baroque généralement décriée dans la production éditoriale de langue française.
Le référent politique et social est toujours rappelé dans son œuvre. C’est aussi le cas pour les auteurs de la génération précédente, Emmanuel Dongala, Sony Labou Tansi, pour les Nigérians anglophones, Wole Soyinka ou Ben Okri. Mabanckou réagit, de manière chronique, aux épiphénomènes occupant les gros titres de la presse : “ problèmes de banlieue ”, “position esclavagiste” de Napoléon 1er. Qu’il soit de la responsabilité du politicien ou de l’historien, le passé collectif n’est pas son affaire. Il représente plutôt le facteur francophone sans cesse entre les nouveau et ancien mondes, gabier de l’esthétique noire actuelle, participant aux colloques internationaux. Il a remanié et tropicalisé le best seller de Breat East Bretton, sous le titre African Psycho (maintenant en livre de poche).
Alain Gnemmi